Les 14 et 15 mai 2026, Donald Trump s’est rendu en Chine pour rencontrer son homologue Xi Jinping. Pour Mathilde Velliet, chercheuse au Centre géopolitique des technologies de l'Ifri, cette rencontre n’a proposé aucune avancée concrète, mais a au moins eu le mérite de ne pas accoucher d’un consensus qui marginaliserait l’Europe ou précariserait encore davantage Taïwan. Après deux jours de visites et de négociations au cœur de Pékin, les dirigeants des deux plus grandes puissances mondiales se sont targué du « fantastique succès » de la visite « historique et marquante » de Donald Trump en Chine, contrastant avec les annonces modestes et encore floues émergeant de ce sommet.
Le fait que la rencontre des présidents américain et chinois ait eu lieu sans accroc est en soi notable, surtout au vu des tensions qui animent les deux pays ces dernières années et de la situation internationale bousculée par la guerre en Iran. Elle n’a cependant pas conduit à de grandes annonces, provoquant à la fois déception et soulagement.
Ceux qui craignaient qu’un président Trump connu pour son style instinctif n’octroie des concessions radicales à la Chine, par exemple en modifiant le langage officiel américain sur Taïwan ou en autorisant les exportations de semi-conducteurs avancés, ont été rassurés. Les espoirs d’un large « deal » commercial, des garanties concrètes d’accès aux terres rares, ou le déblocage du détroit d’Ormuz, ont été déçus. Au-delà du nouveau langage sur la « relation constructive de stabilité stratégique » mis en avant par les deux dirigeants, c’est par contraste que les enjeux de ce sommet se dessinent.
Contraste, d’abord, entre la dynamique de la relation sino-américaine en 2017 – date de la dernière visite d’un président américain en Chine – et aujourd’hui. Cette dernière décennie a été marquée par un élargissement considérable par Pékin et Washington de leur arsenal de coercition économique visant à instrumentaliser les dépendances de leur adversaire. Côté américain, les contrôles sur les exportations de semi-conducteurs avancés, fabriqués surtout par Nvidia, freinent le développement chinois de l’intelligence artificielle (IA).
Mais, depuis l’année dernière, la Chine a elle aussi témoigné de sa capacité et de sa volonté de tirer plus frontalement parti des goulets d’étranglement qu’elle maîtrise, en particulier sur les terres rares et autres minerais critiques, pour faire plier les États-Unis. Les contrôles imposés par Pékin, en 2025, en représailles des barrières douanières et des restrictions technologiques américaines ont ainsi fortement inquiété les États-Unis. Ces derniers dépendent en effet de la Chine pour leur approvisionnement en terres rares. D’où la mise en œuvre en octobre d’une « trêve » d’un an par laquelle les deux parties se sont engagées à suspendre leurs mesures respectives.
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