Bruno Retailleau peut souffler. Le président des Républicains est ressorti victorieux ce dimanche 19 avril de la consultation organisée au sein de son parti sur le mode de désignation de leur candidat pour 2027. De quoi asseoir sa candidature - car oui, il l’était déjà - face aux contestations de certains cadres. Les 76 000 adhérents LR avaient le choix entre trois options : une primaire fermée (réservée aux seuls adhérents) en juin, une primaire semi-ouverte à laquelle les sympathisants pourraient voter ou alors désigner sans attendre le déjà candidat comme leur champion. C’est cette troisième option qui s’est imposée avec 73,8 % des suffrages selon les résultats communiqués par la direction de LR en début de soirée.
« Je serai l’artisan de la réconciliation nationale, je veux réconcilier tous les Français qui sont d’accord sur l’essentiel, qui veulent se réunir sur un projet, et pas seulement sur un rejet. Le temps n’est plus aux demi-mesures, le temps désormais est à l’action et aux convictions. Le temps est au courage et à la vérité. Je tends la main à toutes celles et ceux qui croient en la France et qui l’aiment », a-t-il écrit sur X après sa désignation. Bruno Retailleau « promet désormais d’aller jusqu’au bout » et d’être « dans un an, le président du relèvement de la France ».
C’est désormais légitimé par sa base (même si le nombre de voix n’atteint pas 35 000) que l’ancien ministre de l’Intérieur pourra faire valoir sa candidature pour l’Élysée. Ou pas ? Avant même le début du vote samedi, plusieurs ténors LR avaient minimisé le résultat de cette consultation taillée sur mesure pour le président du parti. Invité de Dimanche en Politique sur France 3 ce 19 avril, Michel Barnier a dit se sentir « à la fois loyal et libre » vis-à-vis de l’issue du scrutin. « Loyal en disant : “les militants ont choisi notre président pour être candidat, très bien, je le soutiendrai”. Et libre de dire à l’automne qui est le mieux placé de tous ces candidats, assez nombreux, pour représenter la droite républicaine et le centre ensemble, comme un candidat unique », a-t-il développé.
L’ancien Premier ministre refuse ainsi de s’enfermer dans un résultat, alors que lui-même s’est dit « capable d’être président de la République. » Tout comme Xavier Bertrand qui a déjà officialisé et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée, pressenti et favorable à une primaire. « Je n’ai pas voté parce que je désapprouvais la méthode », a confirmé aussi ce dimanche soir sur BFMTV l’ancien président du parti, Jean-François Copé.
Avant même de se lancer dans la course à l’Élysée, Bruno Retailleau va devoir s’assurer que cette consultation ne finisse pas en coup d’épée dans l’eau.
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