Sur des images présumées de l'arraisonnement, diffusées par la télévision d'État Russia Today, on distingue au large un bateau des garde-côtes américains, puis deux photos montrant un hélicoptère en approche, juste avant la saisie du navire par les forces américaines.
Le Bella, rebaptisé Marinera, est accusé d'avoir enfreint le blocus naval imposé par les États-Unis au Venezuela. Une situation rappelée par le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, sur le réseau social X : "Le blocus du pétrole vénézuélien, illégal, est sanctionné et pleinement en place partout dans le monde." Le navire, qui avait transité par la Méditerranée en direction du Venezuela, était déjà sous sanctions américaines. Il a été arrêté dans les eaux islandaises. Depuis le 21 décembre, il tentait d'échapper aux autorités américaines en changeant de nom à plusieurs reprises, puis en se plaçant soudainement sous pavillon russe. Selon la presse américaine, un sous-marin russe aurait même été chargé de l'escorter. Pourtant, le navire ne transportait pas de pétrole.
À Moscou, l'opération américaine a été vivement condamnée par le Kremlin, qui exige le retour de l'équipage. "Nous exigeons de la partie américaine qu'elle leur assure un traitement humain et digne et qu'elle ne fasse pas obstacle à leur retour rapide dans leur patrie", déclare le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. Sur la première chaîne russe, l'action est qualifiée d'illégale, et les autorités rappellent que le navire disposait de documents en règle. "L'autorisation de naviguer sous pavillon russe avait été délivrée à titre temporaire le 24 décembre dernier", affirme un journaliste à l'antenne.
Washington refuse toutefois de reconnaître cette immatriculation et affirme qu'il s’agit d'un navire fantôme. Un cas similaire à celui d'un autre pétrolier aperçu le 7 janvier au large du Venezuela, sans pavillon identifié. À son bord, des dizaines de milliers de tonnes de pétrole ont été confisquées par les États-Unis. Interrogé par des journalistes, le secrétaire d'État américain Marco Rubio déclare : "Tout le pétrole est bloqué au Venezuela. Ils ne peuvent pas le déplacer à cause du blocus, car il est sanctionné. Nous allons prendre entre 30 et 50 millions de barils. Nous allons le vendre au prix du marché." Le 7 janvier, Washington a enfin affirmé que les équipages des deux navires, actuellement en route vers les États-Unis, seront poursuivis par la justice.
|