Deux ans après le pire massacre de leur histoire, les Israéliens n’ont pas surmonté le traumatisme, alors que la guerre se poursuit à Gaza, dans l’attente du résultat des négociations. Ils ont gagné les confrontations militaires, mais pas la bataille morale ; et ils sont à l’heure du choix. Ce deuxième anniversaire de la pire attaque terroriste subie par Israël dans son histoire, a un goût amer, doublé de l’espoir de voir se clore la page douloureuse de la prise d’otages. Les Israéliens n’ont toujours pas surmonté le traumatisme de ce 7-Octobre de cauchemar : deux ans de guerre ne leur ont pas permis de faire le deuil des 1200 victimes, ni de solder les comptes politiques de la terrible défaillance de sécurité de leur État.
Benyamin Nétanyahou joue sa survie politique, et il maintient le pays dans un état de guerre qui empêche tout débat national serein. Le Premier ministre israélien a semblé plus d’une fois lâché par son opinion publique, au cours de ces deux années, et engagé dans une fuite en avant. Mais, tel un phénix, il a su rebondir et engranger des succès, comme les coups portés au Hezbollah libanais, ou le bombardement de l’Iran, salués par les Israéliens.
Sa principale faiblesse, qui finit par se voir, est son absence de vision de l’« après », car il y aura inévitablement un « après ». Il navigue entre ses alliés d’extrême droite et leur vision d’apocalypse, qui rêvent de nettoyage ethnique et de colonisation ; et les humeurs changeantes de son grand et seul allié, Donald Trump.
Nétanyahou a embrassé le moment « Riviera » du président américain, tout en sachant très bien qu’il était délirant ; et il se trouve acculé aujourd’hui quand Trump lui impose un plan qui ne prévoit pas le départ des Palestiniens de Gaza.
|