Une sentence électorale qui pourrait signer la fin de sa carrière politique. L'ancien Premier ministre et candidat du MoDem, François Bayrou, ne conserve pas les clés de l'hôtel de ville de Pau, selon les résultats définitifs. Au second tour des élections municipales, dimanche 22 mars, il a terminé deuxième avec 41,14% des suffrages. Jérôme Marbot, à la tête d'une liste d'union de la gauche (hors LFI), devient maire avec 42,45% des voix.
"Il faut faire confiance à la démocratie quand on gagne, et lui faire confiance quand on perd, de seulement 344 voix", a réagi François Bayrou, défait, à la voix fatiguée. L'ancien Premier ministre a rapporté qu'il avait envoyé un message de félicitation à son rival socialiste. Jérôme Marbot avait, plus tôt dans la soirée, lui-même revendiqué sa victoire. "Nous avons battu François Bayrou", avait-il clamé alors que tous les bureaux de vote n'avaient pas été dépouillés. "Nous avons notre propre système de comptage", a expliqué Jérôme Marbot sur ICI Béarn Bigorre(Nouvelle fenêtre).
Margaux Taillefer, candidate du RN et ancienne zemmouriste, a par ailleurs récolté 16,41% des suffrages. La participation lors de ce second tour a été de 55,58 %, en légère hausse par rapport au premier tour (54,96 %). Cette défaite au niveau local survient pour François Bayrou six mois après sa chute consécutive à un vote de confiance perdu à l’Assemblée nationale. Bien qu’il soit arrivé en tête au premier tour, le maire sortant avait obtenu un score inférieur à celui de 2020. Affaibli à la fois par son passage à Matignon et par l’affaire Bétharram — où il est accusé d’avoir fermé les yeux sur des agressions sexuelles commises sur des mineurs — sa réélection restait incertaine.
Contrairement aux précédentes élections municipales, lors de l'entre-deux-tours, son rival de gauche Jérôme Marbot n'avait pas réussi à s'allier avec Jean-François Blanco – à l'époque sous pavillon écologiste et désormais LFI. Pas d'alliance, non plus, avec Pascal Boniface, à la tête d'une liste citoyenne, comme l'a rapporté La République des Pyrénées(Nouvelle fenêtre). A eux deux, ces candidats, bien qu'éliminés au premier tour, avaient recueilli plus 15% des voix. De son côté, François Bayrou avait fusionné sa liste avec celle de Philippe Arraou dont la liste citoyenne avait récolté 6,15% des voix au premier tour. Dans cette ville de 80 000 habitants, aux mains du PS de 1971 à 2014, l'autre enseignement du scrutin est celui de la progression du Rassemblement national. Le parti d'extrême droite a plus que doublé son score en six ans, passant de moins de 7% en 2020 à 16% dès le premier tour.
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