Lutte contre le VIH, abolition de la torture, combat pour les droits des enfants, des femmes, des personnes âgées et des handicapés... 118 associations qui luttaient pour les droits humains au Burkina Faso ont été dissoutes ce mercredi 15 avril, a annoncé le ministère de l’Administration territoriale. Ce revers contre les libertés personnelles intervient dans un contexte d'intensification de la répression à l'encontre de la société civile. La majorité de ces organisations non gouvernementales bannies par le régime militaire d'Ibrahim Traoré exerçait dans les domaines de la santé, de l’action sociale et de la défense des droits humains.
Les Organisations de la société civile (OCS) sont "les béquilles indispensables de la gouvernance dans un état démocratique", explique à TV5MONDE Newton Ahmed Barry, journaliste et ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), organisme civil de l'État burkinabè chargé de veiller au bon déroulement électoral. Ces organisations "deviennent inappropriées dans un régime dictatorial", ajoute le journaliste en exil en France depuis 2023. C'est tout à fait logique que le régime fasse place nette".
L'ONG Amnesty International a appelé les autorités militaires du Burkina Faso à revenir "immédiatement" sur la dissolution de la centaine d'associations. Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, interrogé par TV5MONDE, juge "inquiétant" que "très peu de raisons légales aient été données". "Par son caractère général et abusif, c'est un énième pas de plus dans la restriction de l'espace civique au Burkina Faso."
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