Le département d’Etat a annoncé, à l’occasion de cette visite historique, une nouvelle pause des sanctions américaines, en attendant que le Congrès ne les lève éventuellement pour de bon. Le président syrien est arrivé discrètement à 11 h 37 (17 h 37, heure de Paris) à la Maison Blanche. Il est passé par une entrée latérale, sans suivre le protocole habituellement réservé aux chefs d’Etat et de gouvernement étrangers, que le président américain vient presque toujours accueillir sur le perron. Les journalistes n’ont pas non plus été conviés dans le bureau Ovale, comme c’est généralement le cas lors de visites officielles.
« Je l’aime bien », a toutefois déclaré le président américain après la rencontre. « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour que la Syrie réussisse (…). Il a un passé brutal et je pense, franchement, que sans passé brutal vous n’avez aucune chance », a-t-il ajouté. Le dirigeant a quitté les lieux vers 13 h 30 et s’est arrêté quelques instants pour saluer des partisans qui l’acclamaient devant la Maison Blanche.
Ils devaient notamment évoquer les négociations entamées par les autorités syriennes avec Israël en vue d’un accord de sécurité en vertu duquel l’Etat hébreu se retirerait des zones du sud du pays occupées après la chute de Bachar Al-Assad. En mai, Donald Trump avait pressé son homologue syrien de s’associer aux accords d’Abraham, qui ont vu plusieurs pays arabes reconnaître Israël en 2020. Dès sa prise de pouvoir, le dirigeant syrien a rompu avec son passé, multipliant les ouvertures vers l’Occident et les Etats de la région, dont Israël, avec lequel son pays est théoriquement en guerre. Il a, par ailleurs, promis de « redéfinir » les relations avec la Russie de Vladimir Poutine, allié-clé de Bachar Al-Assad, qu’il a rencontré à Moscou il y a moins d’un mois.
Ahmed Al-Charaa a obtenu une nouvelle pause de cent quatre-vingts jours de la loi « César », déjà suspendue en mai, qui soumettait la Syrie à des sanctions draconiennes. Le département d’Etat américain est favorable à une levée complète de cette loi adoptée en 2019, qui bannissait Damas du système bancaire international et des transactions financières en dollars, mais cela nécessite un vote du Congrès. Dans un communiqué laconique, accompagné de quelques photos, la présidence syrienne fait savoir que les deux dirigeants ont évoqué « les manières de développer et de renforcer » la relation bilatérale, ainsi que « plusieurs sujets régionaux et internationaux ».
Jeudi dernier, Donald Trump, qui se voit en grand pacificateur du Moyen-Orient, avait estimé que son invité faisait « du très bon travail ». « C’est un gars dur, mais je me suis très bien entendu avec lui », avait-il ajouté, évoquant leur entrevue de mai en Arabie saoudite. Le milliardaire âgé de 79 ans avait jugé son homologue de 43 ans « fort » et « séduisant ».
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