L'affaire Epstein éclabousse la famille Lang : si Jack Lang dit « assumer pleinement » ses relations passées avec le criminel sexuel américain, sa fille Caroline a démissionné de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma après la révélation de liens d’intérêt avec l’homme d’affaires. Le nom de l’actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris et celui de sa fille aînée, Caroline, apparaissent dans une nouvelle salve de documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice, notamment pour une transaction immobilière offshore au Maroc et une société fondée dans un paradis fiscal.
« J’ai décidé de me retirer de mes fonctions de déléguée générale du SPI », le Syndicat de la production indépendante, a annoncé lundi soir Caroline Lang dans un communiqué transmis à l’AFP. Nommée il y a seulement trois semaines à ce poste stratégique, elle explique ne souhaiter « en aucun cas que cette situation puisse fragiliser ou nuire au syndicat ». Quelques heures plus tôt, son père, Jack Lang, 86 ans, avait réagi par une déclaration écrite à l’AFP : « J’assume pleinement les liens que j’ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité. »
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Selon une enquête publiée lundi par Mediapart s’appuyant sur les documents américains, Caroline Lang a fondé en 2016 avec l’homme d’affaires une société offshore, Prytanee LLC, domiciliée aux îles Vierges américaines. Dans son communiqué lundi soir, Caroline Lang a tenu à préciser la nature de ses liens avec le financier, mort en prison en 2019. « Jeffrey Epstein était une connaissance. Il m’a été présenté en 2012, dans le cadre de mes fonctions de DG de Warner Bros TV », écrit-elle, décrivant un homme « cultivé, passionné par l’art contemporain » qui la sollicitait « occasionnellement pour des conseils de sorties culturelles ».
Concernant la société offshore mentionnée par Mediapart, elle évoque l’idée d’un « fonds, parfaitement légal, destiné à favoriser l’acquisition d’œuvres de jeunes artistes ». « Je n’ai perçu aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds », assure-t-elle, affirmant avoir « immédiatement démissionné » de toute fonction liée à ce fonds dès la révélation des crimes d’Epstein. Selon Mediapart, la société Prytanee LLC avait vu ses comptes crédités de 1,4 million de dollars et avait pour objet l’achat d’œuvres d’art. Interrogée par le média en ligne, Caroline Lang avait reconnu une « naïveté confondante » et ne pas avoir déclaré cette société au fisc français. Elle figure également sur un testament financier signé par Jeffrey Epstein deux jours avant sa mort, lui promettant 5 millions de dollars, une somme dont elle affirme avoir ignoré l’existence.
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