C’était une des conditions de la FNSEA pour une « trêve de Noël » dans la mobilisation des agriculteurs. Alors qu’il recevait l’ensemble des représentants syndicaux ce vendredi matin à Matignon, Sébastien Lecornu avait promis au premier syndicat de France un courrier contenant « l’ensemble des intentions » de l’exécutif. Publiée le soir même, la lettre du Premier ministre aborde plusieurs des revendications du mouvement.
En premier lieu, la question de la gestion de la dermatose nodulaire, à l’origine de la mobilisation. « Je compte m’appuyer sur le réseau des chambres d’agriculture pour garantir une reconstitution rapide des troupeaux » touchés par cette maladie particulièrement contagieuse, explique le courrier consulté par l’AFP. La stratégie du gouvernement prévoyait l’abattage du cheptel après la détection d’un cas de dermatose nodulaire. En revanche, le Premier ministre n’a pas apporté de réponse définitive sur la levée de l’abattage total. Il a indiqué qu’il s’en remettrait aux conclusions des échanges au sein du groupe de dialogue scientifique, soulignant le caractère « totalement inédit » de la situation. « N’éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus », écrit-il.
Dans les zones touchées par la dermatose, l’exécutif avait également mis en place des zones réglementées restreignant les déplacements de bovins. Un fonds de « 11 millions d’euros » va être mis en place « pour faire face aux impacts économiques immédiats » pour les petits exploitants en difficulté, a fait savoir Sébastien Lecornu.
Le courrier de quatre pages transmis aux syndicats agricoles cherche à apaiser les tensions avant les fêtes alors que la mobilisation dure depuis plus d’une semaine. « Je demande aux préfets d’interrompre tout contrôle d’agents de l’État dans les exploitations », indique la lettre du Premier ministre, consultée par BFMTV.
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