En tête de cortège, des jeunes femmes membres du collectif identitaire Némésis tennaient des roses blanches. Des pancartes "l'extrême gauche tue" côtoyaient des drapeaux tricolores. "Jeune Garde en prison, libérez la ville de Lyon", scandaient aussi des manifestants. Au total, sept jeunes hommes, soupçonnés d'avoir participé aux violences contre Quentin Deranque le 12 février, ont été mis en examen jeudi pour homicide volontaire et complicité, dont deux assistants du député LFI et fondateur de la Jeune Garde Raphaël Arnault.
La marche s’est déroulée dans un calme relatif, malgré quelques protestations d’habitants à leurs fenêtres ou de contre-manifestants, face auxquels les policiers se sont interposés. Pour éviter toute violence, le ministère de l'Intérieur et la préfecture du Rhône avaient déployé un dispositif sécuritaire conséquent. Renforts de CRS, de gendarmes mobiles et deux drones surveillaient la foule. Au total, le cortège a compté 3.200 personnes (3.500 pour les organisateurs).
Vers 18 heures, la marche atteignait la rue où Quentin Deranque a été roué de coups, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Une large banderole noire "Adieu camarade", assortie d'un symbole chrétien, était déployée, avant que la foule ne commence à se disperser. Selon la préfecture, seule une personne a été interpellée, en queue de cortège, pour "port d'armes" (un couteau et un marteau). D'après plusieurs publications sur les réseaux sociaux, consigne avait été donnée aux manifestants de ne pas se couvrir le visage, porter d'insignes de groupuscules d'extrême-droite ou de cacher divers tatouages ou symboles. La préfète de Lyon a toutefois du réaliser des signalements à la justice en raison de propos racistes et des saluts nazis tenus lors de l'hommage à Quentin Deranque.
"Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l'ultradroite, à aucun moment", avait déclaré auparavant le maire écologiste de la ville, Grégory Doucet, qui avait plaidé en vain pour que la marche soit interdite. Samedi matin, le président Emmanuel Macron avait appelé "tout le monde au calme" et annoncé que le gouvernement se réunirait la semaine prochaine pour discuter des "groupes d'action violente". Une façon, pour le patron du RN Jordan Bardella, de "dissimuler sa responsabilité morale (...) dans l'explosion de la violence d'extrême gauche".
La veille, ce dernier avait demandé aux membres de son parti de ne pas se rendre à la marche de Lyon. "Nous n'avons aucun lien de près ou de loin avec des organisations d'ultradroite", a martelé celui qui poursuit l'effort de dédiabolisation du RN. Un assistant d'une députée RN a toutefois été vu dans le cortège par l'AFP. La région Auvergne-Rhône-Alpes, dont l'exécutif est LR, a pour sa part déployé un large portrait du jeune homme sur sa façade.
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